Site de Françoise Nore

Site de Françoise Nore

Articles : difficultés du français


Pléonasmes et redondances

Pléonasmes et expressions redondantes

 

 

 

 

 

 

Les pléonasmes sont généralement identifiés comme tels : que l'on dise monter en haut ou descendre en bas, et l'auditoire se mettra à rire. Mais tous les pléonasmes ne sont pas aussi transparents que ceux-là. La liste ci-dessous présente plusieurs pléonasmes ou expressions redondantes qui, souvent, ne sont pas ressentis comme tels par les locuteurs. On notera que de nombreux pléonasmes répondent à une volonté d'expressivité : en répétant une idée, on insiste particulièrement sur elle. Mais il est bien sûr conseillé de ne pas céder à cette façon de s'exprimer, d'autant plus que le temps qui passe et l'utilisation fréquente de certaines expressions annulent le sentiment du pléonasme : ces tournures sont donc employées sans que l'on se rende compte qu'elles sont fautives.

 

Voici une liste non exhaustive des pléonasmes les plus couramment lus et entendus, notamment dans les médias qui ne reculent devant rien pour donner dans l'emphase. Certaines de ces expressions sont assorties de commentaires propres à apporter quelques lumières, espérons-nous.

 

 

à partir de dorénavant

abolir complètement

accalmie passagère

achever complètement

ainsi par conséquent ou ainsi par exemple

ajourner à plus tard

ajouter en plus

allumer la lumière

anéantir complètement

antidote contre

apanage exclusif

aperçu partiel

apparence extérieure[1]

applaudir des deux mains[2]

approcher près de (s'~)

arrêt complet

assez satisfaisant[3]

au fur et à mesure[4]

au grand maximum

au jour d'aujourd'hui[5]

autrement plus ou autrement mieux[6]

avérer vrai (s'~)[7]

avertir par avance

bel avenir devant soi (avoir un ~)

bénévole volontaire

bip sonore[8]

bonne aubaine[9]

but final ou ultime

cabriolet décapotable[10]

campus universitaire

car en effet

carcasse décharnée[11]

clair et net

cohabiter ensemble

collaborer ensemble

comme par exemple

commencer d'abord

comparer ensemble

complémentaires l'un de l'autre

complètement (ou parfaitement) compatible avec[12]

compliment élogieux

congère de neige

consensus commun

consigne stricte

constellé d'étoiles[13]

contraint malgré soi

coopérer ensemble

cotiser à plusieurs (se ~)

court de tennis[14]

danger potentiel

débat participatif[15]

défiler successivement ou à la suite

défrayer de ses frais [16]

dépenses onéreuses

dépenses somptuaires

descendre en bas

détruire entièrement

différer à une date ultérieure

double alternative[17]

divulguer sur la place publique

don inné

donc par conséquent

dune de sable[18]

durer longtemps

édile municipal[19]

égalité parfaite[20]

emmener avec soi

enfin pour conclure (ou finir, ou terminer)

entraider mutuellement (s'~)

entrecôte à l'os

entretuer entre eux (s')

erreur involontaire

esclaffer de rire (s'~)

et puis après

étape intermédiaire

étapes successives[21]

exporter à l'étranger

exterminer jusqu'au dernier

fausse perruque

faux prétexte

fétu de paille[22]

forum de discussion

fournir une prestation

futur projet

gagner une victoire[23]

geler de froid

gîte et le couvert (le ~)[24]

goulot ou goulet d'étranglement

grand géant[25]

grand maximum

hasard imprévu

hémorragie sanguine

héros principal[26]

heure de temps (une ~)[27]

il y a vingt ans en arrière

illusion trompeuse

imiter un exemple

importer de l'étranger

inauguration officielle

inaugurer l'ouverture d'un salon[28]

index alphabétique

instances décisionnelles

intermédiaire interposé (par ~)

joyeux ou gai luron

krach boursier

le moindre petit détail ou défaut

logorrhée verbale

magret de canard[29]

mais cependant, mais pourtant ou mais toutefois

mal fagoté

manifestement évident

marche à pied[30]

méandres sinueux

milieu ambiant

mirage trompeur

missile téléguidé

monopole exclusif

monter en haut

mutisme total

nager dans l'eau

nimber d'une auréole

notoirement connu[31]

obérer de dettes

objectif final

opinion personnelle

opportunité à saisir

opposer son veto[32]

orthographe correcte[33]

oubli involontaire

paire de jumelles

pampre de vigne

panacée universelle

parvis d'une église (ou d'un temple)

payer sa part d'écot [34]

perspectives d'avenir

petit nain

petit peu (un ~)

piétiner sur place

pignon de pin

pléonasme redondant

pondre un œuf[35]

pouvoir peut-être

précédents dans le passé (des)

prédire par avance

première initiative

préparer par avance

prétexte fallacieux

preuve probante

prévoir par avance

pronostiquer par avance

projet d'avenir ou futur

protagoniste principal

proviseur de lycée

puis ensuite

rafale de vent

recru de fatigue

reculer en arrière

rééchelonner dans le temps

relayer tour à tour ou successivement (se ~)

rencogner dans un coin (se ~)

renouveler ultérieurement

rentrer à l'intérieur

renverser en arrière (se ~)

répéter la même chose

reporter à plus tard

repousser à une date ultérieure

réserver d'avance

résumé bref ou succinct

réunir ensemble (se ~)

revolver à barillet[36]

risque potentiel

sarment de vigne

saupoudrer de sel [37]

secousse sismique[38]

solidaires les uns des autres

sortir dehors

statu quo actuel

succéder l'un à l'autre (se ~)[39]

suffire simplement

suivre derrière

surprendre à l'improviste

tâcher de faire en sorte que[40]

taux d'alcoolémie[41]

topographie des lieux[42]

tragédie en vers

trèfle à trois feuilles

très bientôt[43]

tri sélectif[44]

truchement d'un interprète

unanimité générale

victime innocente[45]

vieilles hardes

vivre sa vie

voler dans l'air

 


[1] Pour avoir une apparence intérieure, s'adresser par exemple à un radiologue.

[2] Pléonasme vexant pour les manchots.

[3] Satisfaire et tous les mots de cette famille sont issus de l'adjectif latin satis qui signifie "suffisant". D'où la redondance avec assez.

[4] Fur est un nom d'ancien français qui signifiait "mesure" et "proportion". Son sens s'étant perdu avec le temps, on l'a renforcé avec mesure. Mais l'expression au fur et à mesure est redondante. On dira donc, selon le cas, proportionnellement ou simultanément.

[5] En ancien français, l'élément hui avait pour sens "ce jour", donc "aujourd'hui". On comprend donc qu'aujourd'hui est déjà un pléonasme. De ce fait, dire au jour d'aujourd'hui fait trois jours, ce qui est beaucoup trop. Proposons donc : de nos jours, actuellement, etc.

[6] Dans des phrases comparatives, autrement signifie "bien plus" : Cet article est autrement intéressant que ce qu'on lit d'habitude sur l'internet. Il est donc superflu d'ajouter plus ou mieux. Notons toutefois que cette utilisation d'autrement avec le sens de "bien plus" est critiquée par l'Académie. On s'exprimera donc différemment si l'on tient à rester ami avec les Immortels.

[7] Avérer contient vrai.

[8] Un bip est un signal sonore. Outre le fait que bip sonore est un pléonasme, on notera qu'il s'agit là d'un anglicisme. Préférons donc le signal sonore qui alerte tout aussi bien et qui est français.

[9] Une aubaine est déjà une occasion favorable.

[10] Un cabriolet est toujours décapotable.

[11] Ah, les fameuses carcasses décharnées des romans à deux sous et de certaines chroniques judiciaires …

[12] Une chose ne peut pas être partiellement compatible avec une autre ; soit elle l'est complètement, soit elle ne l'est pas.

[13] Constellé est formé sur le latin stella qui signifie "étoile".

[14] Un court est un terrain de sport exclusivement consacré au tennis. La précision est donc inutile. Bien sûr, il peut y avoir ambiguïté avec cour ou cours mais, généralement, le contexte suffit à éclaircir la confusion éventuelle.

[15] Un débat est forcément participatif, puisqu'on débat. Sinon, cela s'appelle un discours de dictateur.

[16] Dans défrayer, il y a frais.

[17] Une alternative est un choix entre deux possibilités. Parler de double alternative revient donc à évoquer quatre possibilités. C'est en anglais qu'alternative signifie "choix unique".

[18] Ah, les fameuses dunes de sable du Pilat …

[19] Édile signifiant "conseiller municipal" se suffit à lui-même.

[20] Pléonasme adoré des commentateurs sportifs. Demandons-leur ce que serait une égalité imparfaite et attendons les réponses.

[21] Une étape est toujours intermédiaire entre deux autres étapes, et deux ou plusieurs étapes se succèdent forcément.

[22] Un bon fétu est toujours de paille. Dans le cas contraire, ce serait une contrefaçon.

[23] On gagne un prix, une récompense, etc., et on remporte une victoire. Et en effet : s'il y a victoire, c'est que l'on a gagné.

[24] Dans cette expression, il ne faut pas comprendre couvert avec le sens de "vaisselle" mais avec celui de "toit". Le gîte et le couvert désignent donc deux abris, ce qui fait beaucoup. La locution correcte est le vivre et le couvert.

[25] Ami du petit nain dénoncé plus loin.

[26] Le héros est toujours le personnage principal d'une œuvre.

[27] Même Einstein n'aurait su répondre à la question : de quoi d'autre que de temps une heure peut-elle être faite ?

[28] On se contentera d'inaugurer le salon, et non pas sa cérémonie d'ouverture.

[29] Les manipulations génétiques créeront peut-être un jour des magrets de bœuf, ou de porc, ou de chevreuil, sait-on jamais.

[30] Pléonasme détesté des culs-de-jatte.

[31] Rappelons, si besoin est, que notoire a pour sens "connu d'un grand nombre de personnes".

[32] Veto a pour sens en latin "je m'oppose". Dont acte.

[33] Orthos signifie "bon, correct".

[34] Écot n'a pas pour sens "frais, dépense" mais "part".

[35] Les poules n'ont aucune imagination, elles savent pondre uniquement des œufs.

[36] Tout bon revolver est à barillet. Sinon, il s'agit d'un pistolet à eau.

[37] L'élément sau- de saupoudrer est une forme ancienne de sel.

[38] L'adjectif sismique signifie "qui secoue".

[39] Se succéder à soi-même n'est pas un pléonasme mais une plaisanterie vu que, normalement, il faut deux personnes distinctes pour qu'il y ait succession.

[40] Non seulement c'est lourd mais, de plus, c'est affreusement pléonastique car tâcher signifie "faire en sorte". On dira plus simplement et plus correctement tâcher de.

[41] Alcoolémie signifie "taux d'alcool dans le sang". Pour avoir donc un taux d'alcoolémie, il faut s'être jeté un certain nombre de verres derrière la cravate.

[42] Topos a pour sens "lieu".

[43] Pléonasme à la mode, notamment dans la correspondance. Peut-être pour assurer à autrui qu'on ne l'oubliera pas ?

[44] Quand on fait un tri, on opère une sélection.

[45] Mais que fait la justice contre les victimes coupables ?

 

 

Cet article est extrait de l'ouvrage suivant :

 

 

Vocabulaire du français contemporain, avec des exemples effrontés et des commentaires insolents

 

 

livre   V O C A B U L A I R E   -   couverture - 2.jpg

 

 


13/09/2016
4 Poster un commentaire

Quelques fautes courantes - 05

Expressions incorrectes

Expressions correctes

Entre parenthèses, je souhaiterais signaler quelque chose.[1]

Par parenthèse, je souhaiterais signaler quelque chose.

La partition de Berlin eut lieu après la guerre.[2]

Le partage de Berlin eut lieu après la guerre.

La police a perquisitionné son domicile.

La police a perquisitionné à son domicile.

Tu le sais mieux que quiconque.[3]

Tu le sais mieux que personne.

Au pire-aller, il faudrait faire ainsi.

Au pis-aller, il faudrait faire ainsi.

Le petit a su lire précocément.[4]

Le petit a su lire précocement.

Ces licenciements présagent d'une hausse du chômage.[5]

Ces licenciements présagent une hausse du chômage.

Le changement s'est fait au grand dam de mon collègue.[6]

Le changement s'est fait au grand mécontentement de mon collègue.

L'avion décolla du tarmac en douceur.[7]

L'avion décolla de la piste en douceur.

Sa gentillesse prime sur son ignorance.

Sa gentillesse prime son ignorance.

Vous avez déjà programmé vos vacances ?[8]

Vous avez déjà organisé vos vacances ?

Cet auteur est vraiment prolixe.[9]

Cet auteur est vraiment prolifique.

Un tel truc, il ne s'en relèvera pas.[10]

Un tel truc, il n'en relèvera pas.

Ce crime est répréhensible.[11]

Ce crime est punissable.

Il a exprimé des réticences.[12]

Il a exprimé des réserves.

Cette nouvelle l'a stupéfaite.[13]

Cette nouvelle l'a stupéfiée.

Suite à votre lettre …[14]

En réponse à votre lettre …

Ce qu'il a fait vis-à-vis de toi, ce n'était pas bien.[15]

Ce qu'il a fait à ton égard, ce n'était pas bien.

Lorsque le chanteur monta sur scène, l'euphorie fut à son comble.[16]

Lorsque le chanteur monta sur scène, l'excitation fut à son comble.

Nous allons finaliser ce rapport ![17]

Nous allons terminer ce rapport !

Cet enfant a été victime d'actes de maltraitance.[18]

Cet enfant a été victime de mauvais traitements.

Cet été, on va se dorer la pilule sur la Côte d'Azur ![19]

Cet été, on va bronzer sur la Côte d'Azur !

Après ce drame, elle a dû se reconstruire.[20]

Après ce drame, elle a dû récupérer.

Il faudrait rencontrer les instances représentatives du personnel.[21]

Il faudrait rencontrer le(s) syndicat(s).

Nous avons été prévenus en amont de l'annonce publique de la décision.[22]

Nous avons été prévenus avant l'annonce publique de la décision.

Léo n'a pas disconvenu de ce fait.[23]

Léo n'est pas disconvenu de ce fait.

Je trouve que la situation s'empire.

Je trouve que la situation empire / s'aggrave / se dégrade.

Il est vraiment en dessous de tout. [24]

Il est vraiment au-dessous de tout.

Quelle ambiance glauque, ici.[25]

Quelle ambiance malsaine, ici.

Cette épreuve est autrement plus pénible que les précédentes.[26]

Cette épreuve est autrement pénible que les précédentes.

La population a été décimée, tous les habitants sont morts.[27]

La population a été exterminée.

Madame Bovary est l'héroïne du roman éponyme de Flaubert. [28]

Madame Bovary est l'héroïne éponyme du roman de Flaubert.

Nous allons réaliser des travaux.[29]

Nous allons faire des travaux.

L'accusé clame son innocence.[30]

L'accusé proteste de son innocence à grands cris.

Cette pièce nécessite un bon coup de balai ! [31]

L'état de cette pièce nécessite un bon coup de balai !

C'est une avancée technique décisive.[32]

C'est un progrès technique décisif.

On dansera dans le cadre des festivités annuelles.[33]

On dansera à l'occasion des festivités annuelles.

Les otages ont été exécutés.[34]

Les otages ont été assassinés.

Laissez un message après le bip sonore.[35]

Laissez un message après le signal sonore.

Je réponds enfin à vos nombreux courriers.[36]

Je réponds enfin à vos nombreuses lettres.

De quelle pathologie souffre-t-elle ?[37]

De quelle maladie souffre-t-elle ?

Il n'est pas malin, loin s'en faut.[38]

Il n'est pas malin, loin de là / tant s'en faut.

Au dessert : café gourmand.[39]

Au dessert : café et mignardises.

Il s'est cantonné à des emplois subalternes. [40]

Il s'est cantonné dans des emplois subalternes.

Le professeur a demandé des sanctions à l'encontre des élèves perturbateurs.[41]

Le professeur a demandé des sanctions contre les élèves perturbateurs.

J'ai dû me coltiner avec ce rapport pendant toute la journée.[42]

J'ai dû me colleter avec ce rapport pendant toute la journée.

Il faut se prémunir des comportements dangereux de certains jeunes.[43]

Il faut se prémunir contre les comportements dangereux de certains jeunes.

Jo est expert près de la cour d'assises.[44]

Jo est expert près la cour d'assises.

Il y est arrivé en une seule reprise.[45]

Il y est arrivé en une seule fois.

Léa s'est permise d'entrer dans la salle.[46]

Léa s'est permis d'entrer dans la salle

Léo a enjoint Max d'être à l'heure.

Léo a enjoint à Max d'être à l'heure.

Le brigand appuya sur la gâchette.[47]

Le brigand appuya sur la détente.

Le ciel était constellé d'étoiles.[48]

Le ciel était empli d'étoiles.

Il entra et s'assit dans le canapé.[49]

Il entra et s'assit sur le canapé.

On va créer une ligne domestique entre Romorantin et Le Creusot.[50]

On va créer une ligne intérieure entre Romorantin et Le Creusot.

 


[1] L'expression entre parenthèses doit être réservée pour les indications typographiques (j'ai mis ce paragraphe entre parenthèses). Lorsqu'on veut indiquer que l'on fait un aparté, l'expression correcte est par parenthèse (au singulier).

[2] Partition au sens de "division d'un territoire" est un anglicisme.

[3] Même si certains, dont Grevisse, acceptent qu'on utilise quiconque avec le sens de "quelqu'un", "qui que ce soit", "personne", cette formulation est tout à fait incorrecte : quiconque est et reste un pronom relatif.

[4] Pas de chance : *précocément n'existe pas. C'est précocement qui est correct.

[5] Présager est transitif. Dont acte.

[6] Nombreux sont ceux qui croient que l'expression au grand dam (de) signifie au grand mécontentement (de). Il n'en est rien : le dam en question (prononcer comme dans et non comme dame) est un détriment.

[7] Le tarmac est en quelque sorte le parking des avions. On le confond trop souvent avec la piste, là où l'avion décolle ou atterrit.

[8] Programmer signifie "inclure dans un programme" et "assigner un programme à un appareil". L'utiliser dans le sens "organiser, arranger" est familier et relève de ce parler voulu chic qui introduit des mots scientifiques ou techniques dans le langage courant au mépris de la vraie signification de ces mots.

[9] Prolixe signifie "bavard, trop bavard". Ce n'est donc pas un compliment. Si l'on veut souligner la grande production d'un auteur, on dira qu'il est prolifique.

[10] Se relever signifie "se lever de nouveau". Lorsqu'on veut exprimer l'idée de "récupérer après un souci, un tracas, etc.", il convient d'utiliser l'expression relever de quelque chose (d'une maladie, par exemple).

[11] Répréhensible signifie "digne de blâme". Il s'agit donc d'une condamnation morale et non d'une condamnation judiciaire. Pour celle-ci, c'est l'adjectif punissable qui convient.

[12] La réticence est l' "omission volontaire de ce qui pourrait ou qui devrait être dit" (définition TLFI). On l'utilise à tort avec le sens de "réserve", "propos indiquant que l'on retient sa pensée".

[13] Bien que stupéfait soit le participe passé du verbe rare stupéfaire, c'est la forme stupéfié qui est utilisée en position de participe passé. Stupéfait doit être utilisé seulement en position d'adjectif (nous sommes stupéfaits).

[14] Cette tournure elliptique et typique de la correspondance commerciale est laide, non ? Elle sent la désinvolture à plein nez. Il est donc plus élégant de dire, par exemple, en réponse à (votre lettre, votre demande, etc.).

[15] Vis-à-vis de doit s'employer dans un contexte géographique : le bureau de poste se trouve vis-à-vis de la mairie.

[16] L'euphorie est un état de satisfaction sereine, tranquille. Rien à voir avec l'agitation provoquée par une excitation. Encore un cas de confusion de sens.

[17] Cet anglicisme est tellement laid que notre commentaire n'ira pas plus loin.

[18] Selon le Wiktionnaire, il s'agit du "fait de négliger ou d’infliger de mauvais traitements à une personne vulnérable ou à un animal qu’on a sous son autorité ou sous sa garde". Certes. Mais ce néologisme est terriblement mal fait car il suggère qu'un nom ou un adjectif maltraitant aurait servi de base de dérivation (sur le modèle malfaisant > malfaisance, malveillant > malveillance, etc.), ce qui n'est pas le cas. Remarquons qu'il existe le nom anglais maltreatment. Fiat lux.

[19] *Se dorer la pilule au sens de "se faire bronzer" ou "se la couler douce " n'existe pas. Il s'agit d'un croisement fautif entre dorer la pilule à quelqu'un "présenter quelque chose de désagréable à quelqu'un à l'aide de propos flatteurs" et se dorer au soleil "bronzer". Dire ils se sont doré la pilule signifierait "ils se sont flattés les uns les autres" mais non "ils se sont fait bronzer". D'ailleurs, on imagine mal en quoi consisterait la pilule que l'on exposerait au soleil afin de prendre des couleurs …

[20] Récupérer ou se remettre de quelque chose ont dû sembler bien fades à ceux qui ont lancé ce maçonnesque se reconstruire (maçonnesque est un néologisme bien construit, nous l'affirmons). Donc, de nos jours, un traumatisme implique de se reconstruire. La métaphore est visible : quelque chose a détruit quelqu'un. Mais quand même. Ce n'est pas une raison pour utiliser ce vilain se reconstruire.

[21] Pour paraphraser le nom de Mafia, on ne doit donc plus dire le syndicat du crime mais les instances représentatives du personnel du crime.

[22] De nouveau, le vocabulaire géographique est attaqué par le snobisme du parler chic. On gardera donc en amont pour parler de l'environnement d'un cours d'eau ou d'une localisation par rapport à celui-ci. Et ce sera bien mieux.

[23] Quand disconvenir signifie "ne pas convenir de, être en désaccord avec", il se conjugue avec être, tout comme convenir "se mettre d'accord sur" (nous sommes convenus de nous rencontrer la semaine prochaine).

[24] En dessous signifie "dans la partie inférieure de quelque chose" et au-dessous "plus bas" (par rapport à soi ou à un objet de référence). En dessous de tout voudrait dire que tout est un objet, comme on dirait en dessous de ces vieux arbres se trouve une jolie clairière. Au-dessous de tout signifie donc bien "plus bas que tout".

[25] Glauque est, à l'origine, un adjectif de couleur dont le sens est "d'un vert blanchâtre ou bleuâtre comme l'eau de mer" (définition du TLFI). On ne sait pourquoi (peut-être en raison de ses sonorités disgracieuses, il faut bien le reconnaître), glauque en vint à signifier "malsain". C'est la vie.

[26] Employé dans des comparaisons, autrement signifie "beaucoup plus, nettement plus". C'est pourquoi il est pléonastique de dire autrement plus.

[27] Selon l'Académie, décimer ne doit pas être employé au sens d'exterminer car, étymologiquement, décimer signifie "mettre à mort un soldat ou une personne sur dix, tiré au sort, comme punition" (définition du TLFI).

[28] Éponyme signifie "qui donne son nom à". C'est en effet un personnage qui donne son nom à une œuvre (roman, film, etc.) et non le contraire. En outre, l'Académie conseille de réserver éponyme aux humains, réels ou fictionnels. Ajoutons que, comme bien souvent, la confusion nous vient d'outre-Manche : eponymous qualifie aussi bien la personne qui donne son nom que la chose nommée. En français, on a éponyme pour le premier cas et homonyme pour le second. Donc, pas d'anglicisme sémantique ; le français est une langue précise qui n'a nul besoin de ces vagueries anglo-saxonnes (autre néologisme personnel de l'auteur).

[29] Réaliser signifie "rendre réel" : J'aimerais bien réaliser mes rêves. Il ne signifie en aucun cas "faire".

[30] L'Académie définit ainsi clamer : "manifester son opinion par des termes violents, par des cris". L'innocence n'étant pas une opinion, on ne peut donc la clamer.

[31] Nécessiter ne signifie pas "avoir besoin de" mais "rendre nécessaire" ; son sujet ne peut donc être une personne ou une chose concrète, mais une abstraction, un concept, etc.

[32] Selon l'Académie, avancée désigne une chose formant saillie. Il s'agit donc d'un terme d'architecture. Mais certains confondent l'action (l'avancement) et le résultat (l'avancée).

[33] Dans le cadre de doit être employé au seul sens de "dans les limites de" : La police agit dans le cadre de la loi. Utiliser cette expression à la place de locutions prépositives comme à l'occasion de, lors de, etc., est abusif.

[34] Avec un COD représentant un humain, exécuter signifie "mettre à mort une personne par décision de justice". Un otage de terroristes n'est donc pas exécuté, comme on l'entend ou le lit parfois, mais assassiné. C'est ce que précise l'Académie : «C'est par une extension abusive qu'on emploie ce terme [exécuter] dans le sens de "mettre à mort en dehors de toute procédure légale"».

[35] Non seulement bip est un anglicisme, mais de plus il est toujours sonore : bip sonore est donc un pléonasme. On va donc plutôt dire signal sonore : c'est français et, en outre, ce n'est pas pléonastique. En effet : un signal peut être lumineux, visuel, etc.

[36] Courrier est un nom collectif singulier qui signifie "ensemble de lettres". On reçoit donc des lettres, des plis, des missives, des factures, etc., mais non *des courriers.

[37] La pathologie est la science qui étudie les maladies. Il est donc fautif de dire pathologie pour maladie, comme on entend météo pour temps. Encore un exemple où l'on confond la science et l'objet étudié par celle-ci.

[38] Encore un mélange de deux expressions (voir plus haut le fameux se dorer la pilule). Trop de mélange tue le mélange.

[39] Une merveille de dérapage sémantique : ce ne sont plus les humains qui sont gourmands, mais ce qu'ils ingurgitent. Bien sûr, on comprend le message sous-entendu : les plats en question sont savoureux, on veut bien le croire. Mais cela peut-il justifier une telle hérésie ?

[40] Cette utilisation de à après se cantonner est probablement due à l'influence de se borner à. En dépit de l'hésitation de quelques lexicographes dans le choix de la préposition, on suggère de dire se cantonner dans qui est le choix, entre autres, de l'Académie et du Robert.

[41] L'expression à l'encontre de signifie "en opposition à". Il est abusif de l'utiliser avec le sens de contre. Oui, mais comme on subit la mode des expression et mots longs, à l'encontre de a tout pour séduire ceux qui veulent paraître plus intelligents que les autres en truffant leurs propos de mots à rallonge.

[42] Confusion de mots proches ; un cas de paronymie simple mais fréquent.

[43] Probablement une contamination de se munir de. Se prémunir se construit bien avec contre.

[44] Il ne faut jamais se tenir trop loin d'une cour d'assises, on ne sait ce qu'il peut arriver … Parenthèse plaisante refermée, l'expression correcte est près la cour d'assises, tournure ancienne s'il en est, mais exacte.

[45] Le nom reprise suggère qu'il y a déjà eu un premier fait, un premier essai, etc. Première reprise est donc un non-sens.

[46] On lira ou relira avec profit les articles consacrés à l'accord des participes passés dans ce site (l’accord du PP avec avoir, l’accord du PP avec êtrel’accord du PP des verbes pronominaux et son corollaire liste des verbes essentiellement pronominauxl’accord du PP sans auxiliaire et quelques cas particuliers d’utilisation des PP). Ici, le COD est d'entrer dans la salle. Donc, permis reste invariable.

[47] La gâchette est une pièce appartenant au mécanisme interne d'une arme. Il est donc impossible d'appuyer dessus, à moins de démonter le revolver, ce que l'on fait rarement dans le feu de l'action. On se contentera donc, si l'on peut dire, d'appuyer sur la pièce externe qu'est la détente.

[48] Consteller est dérivé de constellation, du latin constellatio, dans lequel on reconnaît con "avec" et stella "étoile". On évitera donc le pléonasme constellé d'étoiles. Bien sûr, si l'on apporte des précisions au nom étoiles, consteller n'est pas fautif : le ciel était constellé d'étoiles de toutes tailles.

[49] On s'assoit sur tout ce qu'on veut. Le seul siège dans lequel on s'assoit est un fauteuil.

[50] Encore un affreux anglicisme (domestic line). Et pardon pour le pléonasme affreux anglicisme ; personne n'est parfait …


29/04/2015
2 Poster un commentaire

Quelques fautes courantes - 04

Pour établir cette nouvelle revue des fautes de français courantes, nous nous sommes appuyée sur les prescriptions de l'Académie française ainsi que sur les indications fournies par le TLFI. Le Dictionnaire des difficultés de la langue française de Larousse fut également un outil précieux.

 

 

Expressions incorrectes

Expressions correctes

tous les trucs possibles et inimaginables

tous les trucs possibles et imaginables

il y a des bisbises[1] entre eux

il y a des bisbilles entre eux

il y a égalité parfaite entre les deux équipes[2]

il y a égalité entre les deux équipes

sur un même pied d'égalité[3]

sur un pied d'égalité

au final[4]

finalement, en conclusion

à la base[5]

au départ, au début

ça fait sens[6]

ça a du sens, ça veut dire quelque chose

j'ai les mêmes livres que toi[7]

j'ai les mêmes livres que les tiens

assis-toi[8]

assieds-toi / assois-toi

il en est hors de question[9]

il n'en est pas question / c'est hors de question

X a été nominé[10]

X a été nommé / désigné

moi aussi, je ne l'ai pas acheté[11]

moi non plus, je ne l'ai pas acheté

je te promets que Léo va venir

je t'assure que Léo va venir

carottes, choux et autres navets sont vendus dans cette épicerie bio

carottes, choux et navets[12] sont vendus dans cette épicerie bio

on a eu des températures chaudes

on a eu du temps chaud / des températures élevées[13]

c'était quoi, son taux d'alcoolémie ?

c'était quoi, son taux d'alcool ?[14]

ce n'est pas évident[15]

ce n'est pas facile

jusqu'à tant que[16]

jusqu'à ce que

s'étendre compendieusement sur un sujet[17]

s'étendre longuement sur un sujet

Léa a davantage de temps que Léo[18]

Léa a plus de temps que Léo

Je me suis fait une entorse en tombant

Je me suis donné une entorse en tombant

X est à son plus haut étiage[19] dans les sondages

X est à son plus haut niveau dans les sondages

Léa se fait forte de réussir[20]

Léa se fait fort de réussir

il eut une inclinaison de la tête[21]

il eut une inclination de la tête

ton blouson est tout infecté de mites !

ton blouson est tout infesté de mites !

mon vieux papi est ingambe[22]

mon vieux papi est impotent

c'est là où nous allons cet été[23]

c'est là que nous allons cet été

nous arriverons vers les midis[24]

nous arriverons vers midi

les cerises sont plus chères qu'elles étaient

les cerises sont plus chères qu'elles n'étaient

"Il n'y a personne", observa-t-il

"Il n'y a personne", remarqua-t-il / fit-il observer

elle n'a rien à s'occuper

elle n'a rien à quoi s'occuper / elle n'a rien à faire

en outre de[25]

en plus de

je l'ai pardonné[26]

je lui ai pardonné

Léo a fait pareil[27] que Léa

Léo a fait comme Léa

ma maison est pareille que la leur[28]

ma maison est pareille à la leur

aller de mal en pire[29]

aller de mal en pis

Jo préfère se reposer que sortir

Jo préfère se reposer plutôt que de sortir

il nous a rabattu les oreilles avec ses histoires[30]

il nous a rebattu les oreilles avec ses histoires

c'est rapport à ses problèmes

c'est à cause de ses problèmes

nous serons là à huit heures sonnant

nous serons là à huit heures sonnantes

un livre susceptible de vous intéresser[31]

un livre à même de vous intéresser

tant qu'à faire, il vaudrait mieux y aller

à tant faire, il vaudrait mieux y aller

Max a acheté cette voiture telle que

Max a acheté cette voiture telle quelle

c'est du grand n'importe quoi[32]

c'est vraiment n'importe quoi

je suis confortable dans cette veste

je me sens bien / je suis à l'aise / je suis à mon aise dans cette veste

quelle est la thématique de la réunion ?[33]

quel est le thème de la réunion ?

quelle est la problématique de la réunion ?[34]

pour autant[35]

au demeurant, tout bien pesé

je vais faire de l'essence[36]

je vais faire le plein / je vais prendre de l'essence

quand il parle, il fait toujours des disgressions

quand il parle, il fait toujours des digressions[37]

il a effacé le tableau

il a effacé ce qui était écrit sur le tableau[38]

bientôt, les élections présidentielles ![39]

bientôt, l'élection présidentielle !

mon frère est docteur ès Histoire

mon frère est docteur en Histoire[40]

Léa s'est réveillée à 7h.[41]

Léa s'est éveillée à 7h.

il n'est pas exclu que nous sortions demain.

Il n'est pas impossible que nous sortions demain.[42]

je m'excuse[43]

je vous prie de m'excuser / veuillez m'excuser

la gente féminine[44]

la gent féminine

cette voiture est produite sur une grande échelle[45]

cette voiture est produite à une grande échelle

Max s'implique beaucoup dans cette tâche[46]

Ma se sent beaucoup impliqué dans cette tâche

Jo s'est bien intégré à l'équipe

Jo s'est bien intégré dans l'équipe

le problème du mal-logement[47]

le problème des logements insatisfaisants

c'est marqué[48] sur la boîte

c'est écrit / indiqué sur la boîte

limiter les erreurs au maximum

limiter les erreurs au minimum[49]

un moyen mémotechnique[50]

un moyen mnémotechnique

ils ont conclu un accord a minima[51]

ils ont conclu un accord réduit au minimum

je l'ai appelé, il est venu derechef[52]

je l'ai appelé, il est venu tout de suite

quoi de neuf ?[53]

quoi de nouveau ?

un affichage digital[54]

un affichage numérique

une réunion informelle[55]

une réunion non officielle

nous avons fait des dépenses onéreuses[56]

nous avons fait de fortes dépenses

 


[1] Souvent entendu, très amusant : une *bisbise serait-elle une sorte de "mauvaise bise" ?

[2] Une égalité imparfaite devrait étonner plus d'un mathématicien.

[3] S'il y a égalité, le pied en question est le même pour les parties en présence.

[4] Le final, nom masculin, s'emploie pour parler de la dernière partie d'une œuvre artistique, musicale ou littéraire. Il est abusif de l'employer dans un groupe prépositionnel (au final) à valeur argumentative.

[5] À la base est une abréviation de la locution prépositive à la base de, utilisée aussi bien au sens propre qu'au sens figuré.

[6] Anglicisme. À bannir.

[7] L'interlocuteur n'étant pas un livre, on évitera cette construction.

[8] En dépit de moult recherches, nulle présence, dans quelque dictionnaire que ce soit, du verbe *s'assir

[9] Nouvel exemple de ce que peut produire le télescopage entre deux expressions (il n'en est pas question et c'est hors de question). Il en est hors de question est fautif d'un point de vue grammatical, puisque le complément de être hors de question ne peut être qu'une complétive à valeur de COD (il est hors de question que j'y aille), laquelle complétive ne peut être remplacée par en.

[10] Halte aux anglicismes inutiles, ces mots anglo-saxons qui font doublon avec nos mots français, plus anciens qu'eux dans notre langue, par définition.

[11] Quand la phrase est négative, on utilise non plus et non pas aussi, qui a une valeur positive.

[12] Les carottes et les choux ne sont pas des navets. Cette tournure avec autres est pourtant assez fréquente dans le langage journalistique, quand on veut produire un effet emphatique.

[13] Une température est un chiffre, et un chiffre ne peut pas être chaud.

[14] Alcoolémie désigne une mesure, un taux ; taux d'alcoolémie est donc un pléonasme.

[15] Évident n'a jamais signifié "simple, aisé, facile". C'est un glissement sémantique abusif.

[16] Tournure familière qui est l'abréviation d'une autre tournure, très longue et très lourde : j'attendrai jusqu'à ce que tu aies tant fait que tu aies fini > j'attendrai jusqu'à tant que tu aies fini. Il est malgré tout plus léger et plus simple de dire : j'attendrai jusqu'à ce que tu aies fini.

[17] Compendieusement signifie "brièvement, mais sans omettre l'essentiel". Le glissement de sens qui a conduit à "longuement, en détail" est ancien puisqu'on en relève un exemple dans un ouvrage datant d'avant 1835. Mais cette acception est fautive. Peut-être faut-il y voir une influence de la longueur de l'adverbe en question : un adverbe long ne peut pas signifier "brièvement", mais bien au contraire "longuement". Encore un effet terrible de l'étymologie populaire …

[18] Davantage doit être employé absolument, c'est-à-dire sans complément.

[19] Un étiage est le "niveau annuel moyen des basses eaux d'un cours d'eau" (TLFI) et, par extension de sens, "niveau minimal des eaux", "débit le plus faible". C'est donc un contresens de l'utiliser avec le sens de "niveau élevé", "niveau maximal".

[20] Se faire fort fait partie de ces expressions dans lesquelles l'adjectif, considéré comme un adverbe, est invariable.

[21] Une inclinaison est un penchant moral, psychologique, affectif, etc. Ce qui ressortit aux mouvements du corps doit être nommé par inclination.

[22] Ingambe vient de l'expression italienne essere in gambe "être alerte". Il ne faut donc pas y voir le préfixe privatif in-.

[23] Utilisée pour la mise en relief, la structure c'est … que (ou qui) ne peut être modifiée, quel que soit le type de complément inséré entre ses deux éléments : complément de temps (c'est demain que nous irons le voir), complément de manière (c'est rapidement que tu dois finir), complément de lieu (c'est dans cette maison que mon amie a grandi), etc. La séquence là où existe bien (nous irons là où tu voudras), mais en dehors de c'est … que.

[24] Si on peut tolérer vers les six heures, vers les sept heures, etc., il n'en va pas de même pour midi, qui est unique dans une journée de vingt-quatre heures.

[25] En outre de est une locution prépositive ancienne puisqu'on la rencontre, par exemple, chez Théophile Gautier, mais elle a toujours été condamnée par les puristes.

[26] On pardonne quelque chose à quelqu'un.

[27] Pareil est un adjectif, non un adverbe.

[28] En outre (voir note précédente), pareil ne peut être suivi que par à.

[29] Mal est un adverbe mais pire est un adjectif. C'est pourquoi on doit utiliser l'adverbe pis.

[30] Rabattre signifie "plier". On peut bien sûr considérer *rabattre les oreilles comme une métaphore : ressasser quelque chose, c'est en quelque sorte plier les oreilles de son interlocuteur sous le poids du rabâchage. Mais l'expression est bien rebattre les oreilles, c'est-à-dire les battre et les battre de nouveau, les frapper à force de répéter tout le temps la même chose.

[31] Seul un référent humain peut être susceptible de faire quelque chose.

[32] N'importe quoi, n'importe où, n'importe quand, etc., sont des locutions à valeur adverbiale. Un adjectif ne peut pas modifier un adverbe : par exemple, une phrase comme *c'est du grand bêtement est impossible.

[33] Une thématique est un ensemble de thèmes, de sujets. On ne doit donc pas parler de thématique lorsqu'on veut évoquer un seul sujet. Cette utilisation abusive de thématique en ce sens est à mettre en relation avec la mode des mots augmentés : pour donner du poids aux idées, on augmente le volume des mots qui les désignent. C'est ainsi que certains substituent mandature à mandat, cité dans une de nos études antérieures. Mais tout cela n'est que vaine hypertrophie du langage.

[34] Même remarque que pour thématique : une problématique est un ensemble de problèmes, non un seul problème.

[35] Le TLFI note : "Cette expression est considérée comme incorrecte par de nombreux linguistes". En effet, si on soumet pour autant à une analyse grammaticale, il paraît difficile d'en justifier sa structure, préposition + adverbe. Il en va de même pour par ailleurs, entre autres.

[36] Voilà une activité qui va enrichir celui qui agit, car la production d'essence reste une profession des plus lucratives …

[37] Logiquement, *disgression aurait dû être la forme régulière, en lieu et place de digression. En effet, dis- est bien le préfixe qui indique la différence, alors que di-,présent dans digression,signifie "deux fois". Pourtant, *disgression n'existe pas.

[38] Effacer signifie "faire disparaître". On ne fait donc pas disparaître le tableau, mais ce qui est écrit dessus.

[39] On doit dire l'élection présidentielle car ce rendez-vous devant les urnes sert à choisir une seule personne. En revanche, il est tout à fait normal de parler des élections municipales, départementales, législatives, européennes, puisque ces scrutins produisent plusieurs élus.

[40] Ès, qui est une contraction ancienne de en les, doit toujours être suivi d'un nom au pluriel.

[41] Se réveiller signifie "reprendre conscience sous l'effet d'une action extérieure". On ne peut donc pas, logiquement, se réveiller soi-même.

[42] Exclu signifie "écarté, rejeté". L'utiliser dans le sens d'impossible fait partie de ces usages contemporains qui maltraitent le véritable sens des mots.

[43] S'excuser soi-même est assez désinvolte. Il vaut donc mieux prier autrui de manifester la clémence que l'on implore.

[44] Ce n'est pas parce que cette expression signifie "les femmes" qu'il faut féminiser dans sa graphie et sa prononciation le nom gent "groupe d'humains partageant une caractéristique commune". Ce nom gent, s'il est bien du genre féminin, n'existe pas sous la forme gente. Cela ne remet pas en cause l'existence de l'adjectif féminin gente, dérivé de gent "gracieux, agréable", aujourd'hui désuet et utilisé uniquement par manière de plaisanterie.

[45] Il faut être au moins funambule pour assembler des véhicules sur ce type d'échafaudage. Pour une raison sociolinguistique qui reste à définir, la préposition sur est très à la mode ; gageons que ceux qui produisent quelque chose sur une grande échelle habitent sur Paris ou sur telle ou telle autre ville …

[46] On ne s'implique pas tout seul dans une tâche ; plusieurs personnes peuvent s'impliquer mutuellement, mais ce ne peut être une action individuelle.

[47] L'horreur absolue, qui a fait dériver ce nom à partir du syntagme mal logé. Or, si en ancien et moyen français, le français a bien produit des noms composés avec mal (malheur, malpropreté), c'est pour la raison suivante : mal était un adjectif qui signifiait "mauvais". De nos jours, plus personne ne comprend mal en ce sens : on ne dit pas, par exemple, J'ai de males nouvelles. La formation de mal-logement est donc indéfendable. Ajoutons que les noms récents contenant mal- sont des emprunts à l'anglais, comme malnutrition, et qu'ils ne peuvent donc en aucun cas être avancés pour justifier la forme mal-logement.

[48] Marquer signifie "tracer un signe sur un objet afin de le différencier" ; il n'a jamais eu le sens d' "écrire".

[49] … afin qu'il y ait le minimum d'erreurs.

[50] Confusion avec mémoire.

[51] A minima est une réduction de la formule latine a minima poena ad majorem "à partir de la peine la plus petite vers la plus grande". On trouve cette forme dans l'expression appel a minima, utilisée dans le domaine du Droit, expression que le TLFI glose de la façon suivante : "appel que le ministère public interjette, quand il croit que la peine appliquée est trop faible. Il est donc tout à fait fautif de lui donner le sens d'au minimum.

[52] Derechef ne signifie pas "tout de suite" mais "de nouveau".

[53] Neuf signifie "qui n'a pas servi". Pour parler de choses inédites, on doit donc utiliser nouveau.

[54] Anglicisme inutile, vu qu'il existe un adjectif français avec ce sens.

[55] Dans cette acception, informel est un anglicisme, un de plus.

[56] Onéreux signifie "qui implique des dépenses". Parler donc de dépenses onéreuses est un pléonasme.


24/02/2015
2 Poster un commentaire

Quelques graphies fautives - 01

Ces "graphies fautives" sont ce que l'on appelle communément des fautes d'orthographe.  Voici un tableau qui répertorie certaines de ces erreurs trop souvent fréquentes dans les écrits contemporains :

 

 

 

à l'envie

à l'envi

à priori / à postériori

a priori / a posteriori

avoir à faire à quelqu'un

avoir affaire à quelqu'un

avoir son comptant

avoir son content

ça et là

çà et là

çà va ?

ça va ?

celà

cela

c'est à dire

c'est-à-dire

cette maison est / tombe en ruines

cette maison est / tombe en ruine

cordillière

cordillère

de parts en parts

de part en part

des décorums

des décorum

distingo

distinguo

en détails

en détail

en l'occurence

en l'occurrence

en terme d'emploi

en termes d'emploi

et bien, et oui

eh bien, eh oui

etc…

etc.

être à cours de quelque chose

être à court de quelque chose

être à mille lieux de penser quelque chose

être à mille lieues de penser quelque chose

goître[1]

goitre

groseiller, joailler, médailler, quincailler, serpillère

groseillier, joaillier, médaillier, quincaillier, serpillière

il concluera[2]

il conclura

je n'y retournerai pas de sitôt !

je n'y retournerai pas de si tôt !

le dit, la dite

ledit, ladite

logarythme

logarithme

monter le cou à qn

monter le coup à qn

moyennant finances

moyennant finance

non sans raisons

non sans raison

ouvrir grands les yeux

ouvrir grand les yeux

par endroit, par moment, par instant

par endroits, par moments, par instants

pour raisons de santé

pour raison de santé

prendre à parti

prendre à partie

quelque soit

quel que soit

quelques cent personnes sont venues

quelque cent personnes sont venues

quoiqu'il en soit

quoi qu'il en soit

sans détours

sans détour

sans laisser de traces

sans laisser de trace

soit-disant

soi-disant[3]

tirer partie de quelque chose

tirer parti de quelque chose

vivre aux dépends de

vivre aux dépens de

 


[1] Il y a bien, en revanche, un accent circonflexe dans cloître et dans croître.

[2] Le verbe *concluer n'existe pas.

[3] Rappelons que soi-disant est invariable.


18/02/2015
7 Poster un commentaire

Quelques fautes courantes - 03

Ce nouvel article propose l'examen d'autres expressions et formulations incorrectes ainsi que leurs corrections et explications.

Comme dans les deux articles précédents, nous nous fondons sur les recommandations et avis de l'Académie française, référence indispensable en la matière, à notre avis.  Voici donc quelques abus de langage à éviter :

 

 

Expressions incorrectes

Expressions correctes

à partir de dorénavant

dorénavant / à partir de maintenant[1]

à son instar

à l'instar de X[2]

un aéropage[3] de chefs d'entreprise

un aréopage de chefs d'entreprise

arborigène[4]

aborigène

au début que nous avions collaboré

dans les premiers temps où / que nous …

au plan moral / au plan de la morale

sur le plan moral / de la morale

avoir de l'emprise sur quelqu'un[5]

avoir de l'empire / de l'influence sur quelqu'un

avoir impérieusement[6] besoin de quelque chose

avoir impérativement besoin de quelque chose

ceci dit

cela dit[7]

conjointement à

conjointement avec

je le considère intelligent

je le considère comme intelligent[8]

contacter quelqu'un

prendre contact avec quelqu'un[9]

débattre d'une question

débattre une question

débuter une action[10]

commencer une action

déclaration d'impôts

déclaration de revenus[11]

démarrer une nouvelle tâche[12]

entreprendre une nouvelle tâche

des dégâts sévères[13]

des dégâts importants

erreur sémantique[14]

erreur lexicale

X et / ou Y[15]

X et Y, ou alors X ou Y

il a mal aux dents, ça le lance

il a mal aux dents, ça lui élance

il s'est accaparé de tous les pouvoirs

il a accaparé tous les pouvoirs

il s'est fait agoniser d'injures

il s'est fait agonir d'injures

il s'y est pris à l'avance[16]

il s'y est pris d'avance / par avance

je vous présente mon époux / mon épouse[17]

je vous présente mon mari / ma femme

Je vous remercie pour m'avoir invité[18]

Je vous remercie de m'avoir invité

la désertification des campagnes[19]

la dépopulation des campagnes

la junte militaire a commis de nombreuses exactions[20]

la junte militaire a commis de nombreux crimes

l'acceptation de ce mot[21]

l'acception de ce mot

le tournoi 2014 fut un très bon cru

Le tournoi 2014 fut un très bon millésime[22]

le trafic routier[23]

la circulation routière

Léa a clôturé les débats[24]

Léa a clos les débats

l'enfant prodige

l'enfant prodigue[25]

notre maire brigue une nouvelle mandature

notre maire brigue un nouveau mandat[26]

nous sommes arrivés au tout début[27]

nous sommes arrivés tout au début

on va initier ce projet[28]

on va commencer / lancer ce projet

Le parlement a opposé son veto[29]

Le parlement a mis son veto

cette potion est une panacée universelle[30]

cette potion est une panacée

par ailleurs[31]

d'autre part, pour le reste

perpétuer un crime[32]

perpétrer un crime

sa bêtise est concomitante à son ignorance

sa bêtise est concomitante de son ignorance

sabler le champagne[33]

sabrer le champagne

se perdre en conjonctures[34]

se perdre en conjectures

s'investir dans quelque chose[35]

investir son énergie dans quelque chose, s'impliquer dans quelque chose

tu as combien de température ?[36]

tu as combien de fièvre ?

tirer des conséquences

tirer des conclusions

un endroit incontournable[37]

un endroit où il faut absolument aller

un homme frustre[38]

un homme fruste

un bureau convivial[39]

un bureau agréable

une double alternative[40]

un double choix

une émission diffusée depuis Moscou[41]

une émission diffusée de Moscou

des étudiants y compris fatigués[42]

aussi des étudiants fatigués

tu as fait le gravage[43] du CD ?

tu as fait la gravure du CD ?

il faudra convoquer les personnels

il faudra convoquer le personnel[44]

Ce n'est pas de ma faute

Ce n'est pas ma faute

tu as candidaté pour cette place ?[45]

tu as postulé pour cette place ?

 


[1] Dorénavant signifie "à partir de maintenant". Donc, à partir de dorénavant veut dire "à partir d'à partir de maintenant", ce qui fait quand même beaucoup. À comparer au fameux au jour d'aujourd'hui, tout aussi pléonastique.

[2] À l'instar de est une locution prépositionnelle, comme en face de, etc. On ne peut donc convertir instar en nom et le faire précéder d'un déterminant, tout comme on ne peut transformer en face de X en *en sa face, même si instar en latin et face en français sont des noms.

[3] *Aéropage n'existe pas.

[4] La signification d'aborigène est "qui est originaire du pays où il vit" (TLFI). Pour une raison étrange, il est souvent transformé en *arborigène, nom qui n'existe pas. Probablement faut-il y voir une influence d'arbre, dans la mesure où l'on parle souvent des aborigènes de pays lointains, tropicaux, etc. De là à évoquer la végétation des pays chauds, il n'y a qu'un pas que l'étymologie populaire a allégrement franchi : les "arborigènes" sont des êtres humains qui vivent dans les arbres …

[5] Emprise signifiait "prise", notamment "prise militaire".

[6] Impérieux signifie "autoritaire", "très pressant".

[7] Ceci (comme voici) se réfère aux choses proches ou à venir, dans l'espace et dans le temps. Cela et voilà nomment donc les choses éloignées ou dont on a déjà parlé.

[8] Considérer utilisé sans comme est un anglicisme.

[9] Contacter signifie "toucher un autre corps", notamment dans le domaine technique. Le glissement métaphorique que l'on connaît est rejeté par l'Académie française.

[10] Débuter est un verbe strictement intransitif.

[11]Déclarer ses impôts signifierait que l'on aurait le choix du montant de la douloureuse. Hélas, c'est l'administration qui examine notre déclaration de revenus et qui procède au calcul implacable …

[12] Démarrer signifie "enlever les amarres" ; ainsi, on démarre un bateau, mais on fait démarrer une voiture. L'emploi métaphorique de démarrer est condamné par l'Académie.

[13] Anglicisme sémantique, introduit pendant la première guerre mondiale. Sévère doit avoir un référent humain.

[14] De nos jours, on entend trop souvent erreur (innovation, etc.) sémantique pour erreur lexicale. Rappelons que sémantique a trait au sens, alors que lexical se rapporte au lexique, donc aux mots. Celui qui se trompe de mots ne fait donc pas d'erreur sémantique, mais bel et bien lexicale.

[15] Et / ou est également un anglicisme. La construction française est certes plus longue, mais elle a le mérite d'être couleur locale …

[16] Les puristes condamnent à l'avance, même s'il est largement utilisé.

[17] Époux et épouse, à l'instar de véhicule, domicile, individu, etc., ressortissent au lexique administratif, officiel, sinon juridique. D'aucuns croient parler élégamment en utilisant époux ou épouse, mais il n'en est rien. C'est ce que l'on appelle de l'hypercorrection : utiliser des mots, tournures, etc., qui sont fautifs, en croyant parler bien ou mieux.

[18] Si l'on tolère que merci soit suivi au choix de de ou de pour (exemple : merci pour ce moment …), il n'en va pas de même pour le verbe remercier, pour lequel les puristes préconisent l'usage de la seule préposition de.

[19] la désertification est la transformation d'une zone semi-aride en désert. Même si certaines zones rurales françaises perdent de leurs habitants, il est probablement exagéré d'y voir des déserts ; la simple dépopulation est suffisante.

[20] Le TLFI donne pour exaction la définition suivante : "action d'exiger par la force le payement de ce qui n'est pas dû", et par extension : "mauvais traitement, acte de violence". Même s'il est moralement condamnable de commettre des exactions, cela reste moins grave que la perpétration de crimes.

[21] Acceptation signifie "accord" et acception "signification". Voilà un cas de paronymie relativement fréquent.

[22] Cru se rapporte au lieu d'origine (d'un produit, etc.), millésime à l'année. Parler d'une année comme d'un bon (ou mauvais) cru produit un télescopage spatiotemporel intéressant …

[23] Anglicisme (traffic) ; en français, trafic signifie "négoce, commerce", en bonne ou mauvaise part.

[24] Clôturer signifie "fermer avec une clôture". On doit donc clore un débat, voire le conclure.

[25] Un enfant prodige est un enfant très doué. Pour parler d'une personne généreuse, il faut dire enfant prodigue.

[26] Mandature est un néologisme rejeté par l'Académie, qui le qualifie d'"inutile" en raison de l'existence de mandat et qui pointe du doigt cette manie d'augmenter la taille de certains mots, probablement pour gonfler l'importance des choses ou des faits qu'ils nomment.

[27] Tout signifiant ici "totalement", il ne peut être inclus entre l'article et le nom.

[28] Anglicisme ! Le verbe français initier signifie "transmettre un enseignement".

[29] Veto signifie en latin "je m'oppose". De ce fait, opposer son veto est pléonastique.

[30] Une panacée est déjà universelle, car cette idée d'universalité est présente dans le préfixe grec pan- qui signifie "tout" : une panacée guérit tout (ou est censée le faire).

[31] L'Académie a enregistré par ailleurs tardivement, en 1932, probablement sous la pression de l'usage. Il est vrai que cette locution adverbiale n'est pas de la meilleure forme.

[32] Perpétuer signifie "faire durer très longtemps, voire éternellement". Un autre danger de la paronymie.

[33] Sabler le champagne signifie "boire [le champagne], plutôt rapidement", la seconde expression "ouvrir la bouteille d'un coup de sabre" ; aujourd'hui, c'est la déboucher en général. On ne peut donc utiliser indifféremment l'une ou l'autre expression, toutes deux ayant des sens différents. On choisira donc sabler si l'on veut insister sur la rapidité de consommation, et sabrer pour mettre en relief le seul fait d'ouvrir une bouteille.

[34] Une conjecture est une idée non vérifiée, erronée ou inutile. La conjoncture est un ensemble de circonstances à un moment précis

[35] L'acception d'investir dans ce champ sémantique est "mettre son énergie psychique dans quelque chose" (définition du TLFI). Il s'agit à l'origine d'un terme de psychanalyse. La forme pronominale est un solécisme.

[36] Une température peut être très basse, voire inférieure à zéro. De ce fait, c'est la fièvre qui indique l'élévation anormale de la température.

[37] : De nos jours, les choses ne sont plus indispensables, mais "incontournables". La métaphore est aisée à comprendre mais elle est dans l'outrance sémantique, comme nombre d'exagérations contemporaines.

[38] Frustre est un exemple intéressant de mot-valise composé de rustre et de frustré. Quelqu'un de "frustre" est-il donc un paysan qui n'assume pas sa condition ?

[39] Convivial est utilisé fautivement avec le sens de "facile" ou "agréable", notamment dans la publicité ou les notices des appareils modernes. Rappelons que convivial a le sens de "qui se rapporte aux repas, aux festins".

[40] Une alternative est un choix entre deux possibilités ; on dira donc plutôt un double choix, pour éviter le pléonasme. En effet : parler de double alternative équivaut à convoquerquatre choix …

[41] Depuis introduit des compléments de temps, non de lieu.

[42] Y compris ne peut pas précéder un adjectif, car il attire l'attention sur un ou des éléments que l'on peut inclure ((comprendre) dans le groupe que l'on vient d'évoquer. Cet usage irraisonné d'y compris ressortit à la langue journalistique laquelle, en voulant dire davantage, dit mal …

[43] *gravage n'existe pas ! On se contentera donc de faire une gravure

[44] Le nom personnel est un nom collectif singulier. Si l'on tient à utiliser un nom au pluriel, on dira les employés, les salariés.

[45] De nos jours, il semble très facile de construire un verbe sur un nom, le verbe ayant alors le sens de "faire l'action sous-entendue par la signification du nom". C'est un peu facile, et c'est ainsi que l'on aboutit à d'étranges objets lexicaux à l'instar de ce candidater. Notons que, très souvent, ces néologismes abusifs sont inutiles car il existe déjà des verbes ayant exactement leur contenu sémantique, comme postuler dans l'exemple que nous donnons.


31/01/2015
0 Poster un commentaire