Site de Françoise Nore

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Articles : VOCABULAIRE

Cette catégorie traite uniquement de faits lexicaux pouvant poser problème : graphies, accords, sens ...


Trêve des confiseurs

     Le TLFI donne à l'expression trêve des confiseurs la définition suivante : "trêve où les confiseurs remplacent les politiques, période qui se situe au moment des fêtes de Noël et du Nouvel An, et pendant laquelle la vie politique est moins intense." D'ailleurs, le TLFI aurait pu ajouter : "période pendant laquelle les confiseurs font leur beurre, se sucrent", etc. C'est en effet un moment de forte activité pour ce secteur de l'économie, et l'expression doit donc être comprise comme "trêve au bénéfice des confiseurs", lesquels réalisent alors un joli chiffre d'affaires.

     De ce fait, évoquer une trêve des footballeurs pendant cette même période de l'année est un contresens qui mérite un carton rouge, l'activité du pays ne s'arrêtant pas au bénéfice des professionnels du ballon rond. On comprend que, dans ce genre d'expression (trêve des footballeurs, trêve des enseignants, etc.), trêve est employé abusivement avec le sens de "arrêt du travail", "vacances", voire "grève" selon les cas. On peut d'ailleurs tout à fait supposer que la proximité phonique entre grève et trêve a favorisé cette confusion, mais on ne se laissera pas piéger aussi facilement.

 

 

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18/05/2016
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Trafic

     Le nom trafic a signifié "négoce, commerce" jusqu’au XVIIe siècle. Ensuite, il prit le sens de "commerce illicite" : un trafic d'armes, un trafic de stupéfiants, etc. Trafic est également présent dans la locution trafic d’influence "fait de recevoir des présents pour faire obtenir de l'autorité publique un avantage destiné à un tiers". Depuis le milieu du XIXe siècle et sous l'influence de l'anglais traffic, le nom français a pris les sens de "mouvement" et de "flux de véhicules". On parle donc de trafic aérien, de trafic routier … Si ces expressions sont acceptables, on bannira en revanche de son vocabulaire l'anglicisme trafic "circulation intense de voitures". Ainsi, au lieu de dire il y avait du trafic sur l'autoroute, on dira il y avait une très forte circulation sur l'autoroute. On ne dira pas non plus qu'on est bloqué dans le trafic mais que l'on est bloqué dans les embouteillages. Même si cela ne peut rien contre les bouchons.

 

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18/04/2016
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Sur Paris ?

     Depuis quelques années, des phrases comme j'habite sur Paris se sont répandues dans le langage comme la misère sur le pauvre monde. Cette façon de parler est régulièrement condamnée par les spécialistes, Académie en tête, mais elle continue de sévir. Rappelons la règle : la préposition sur traduit une idée de position ou de domination. Elle ne peut introduire le nom propre du lieu où l'on se trouve ni celui du lieu où l'on se rend ; c'est la préposition à qu'il convient d'utiliser. Donc, on habite, on travaille, on va à Paris. Dans d'autres cas, c'est la préposition vers qu'il convient d'employer. Ainsi, au lieu de dire cet été, nous descendons sur la Côte d'Azur, on dira cet été, nous descendons vers la Côte d'Azur.

     On n'emploiera pas non plus sur devant le nom d’une ville lorsqu’on évoque la température qu’il y fait. On ne dira donc pas il a fait jusqu'à trente-cinq degrés sur Toulon cet été mais il a fait jusqu'à trente-cinq degrés à Toulon cet été.

     On remarquera aussi l'emploi, dans les médias, de l'expression sur zone : les secours se sont rendus sur zone. Cela est probablement plus rapide à dire que sur les lieux du drame (ou de la tragédie, ou de l'accident), etc., formulations bien plus correctes que le barbarisme sur zone.

     Il existe toutefois quelques cas dans lesquels sur peut être utilisé devant un nom de ville. Cet emploi est possible dans l'expression marcher sur une ville "faire mouvement vers une ville pour la prendre d'assaut" : marcher sur Rome. Certes, c'est le genre de phrase que l'on dit rarement. Mais sur est également accepté devant un nom de ville lorsqu’on parle d’un phénomène atmosphérique ou si l'on veut insister sur l'aspect de surface d'une ville : il a neigé sur Paris ; on a lancé des bombes sur Berlin à la fin de la guerre. Et ce sera tout.

 

 

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31/03/2016
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Soutenir et supporter

     Cela fait maintenant plus d'un demi-siècle que les Français supportent une équipe, un coureur, etc. En effet, le verbe supporter avec le sens de "soutenir un sportif, une équipe" est attesté pour la première fois en 1963. Ne sont-ils point fatigués, depuis tout ce temps, de porter cette charge ? On aura compris que supporter ne peut s'employer avec ce sens et on aura deviné qu'il s'agit là d'un anglicisme dérivé du verbe anglais to support "soutenir, encourager". Si l'on veut parler un bon français, on emploiera le verbe soutenir, qui est parfait.

 

     L'utilisation de supporter "soutenir" peut en outre créer de l'ambiguïté. Une phrase comme cette équipe, il faut vraiment la supporter peut être comprise de deux façons : "il faut vraiment l'encourager" ou bien "il faut vraiment l'endurer", en version très familière "il faut vraiment se la farcir". Bien sûr, le contexte aide généralement à comprendre le sens de la phrase, mais il est des cas où il est difficile de trancher. On adoptera donc soutenir dans le langage sportif et, pour d'autres faits de société, appuyer, parrainer, etc.

 

     Ce verbe supporter "soutenir" s'est implanté dans la langue, et l'on a également francisé le nom supporter "partisan" sous la forme supporteur. Admettons que, si le verbe soutenir convient tout à fait pour remplacer le verbe supporter, il semble difficile de désigner le partisan d'une équipe ou d'un sportif du nom de souteneur. Imaginons un commentateur disant, durant une retransmission en direct, "comme vous l'entendez, les souteneurs emplissent le stade de leurs chants". Cela serait très étonnant. Nous suggérons donc le nom de partisan à la place de supporte(u)r et, dans d'autres domaines, adepte, admirateur, sympathisant, etc. : le candidat à l'élection comptait de nombreux sympathisants dans la salle.

 

     Enfin, on évitera d’employer le nom support au lieu des noms aide, appui, assistance, soutien, etc. ; on ne parlera pas du support technique d'un fabricant mais de son assistance technique. On n'apporte pas non plus son support à une action mais son appui ou son aide, voire son parrainage.

 

 

 

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15/03/2016
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Solution de continuité

     La locution sans solution de continuité fait l'objet d'un beau contresens dans le français contemporain puisque la vraie signification de cette locution est "sans rupture, sans interruption".

     On a cru que solution devait être compris comme "explication ou résolution d'un problème". Or, il ne s'agit pas du nom solution relié à résoudre mais du nom solution "dissolution, désagrégation", dérivé du verbe disparu soudre qui signifiait "désagréger". Notons qu'il existait au XVIe siècle l'expression solution de mariage qui signifiait "divorce", littéralement "dissolution d'un mariage".

     De ce fait, l'expression sans solution de continuité a pour sens "sans interruption (dans la continuité) ; elle indique donc la permanence d'un état existant. Partant de là, si l'on veut dire que l'on cherche une solution pour assurer la continuité de quelque chose, on dira que l'on cherche des moyens d'assurer la continuité de la chose en question, car le vrai sens de solution de continuité est "dissolution de la continuité", donc "interruption, rupture".

 

 

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03/03/2016
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