Site de Françoise Nore

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Ouvrages personnels : POÉSIE


Parution du recueil de poésie "La Nuit où le Dit vint"

Voici la couverture du recueil de poésie La Nuit où le Dit vint dont sont extraits les poèmes présentés dans cette catégorie. Le lecteur peut se le procurer en cliquant  sur ce lien.

 

 

 

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02/09/2015
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Les soirées solitaires

Les soirées solitaires

 

 


 

Quand arrive la nuit, pour contrer le déluge

 

Pour oublier sa vie, chaos sans avenir,

 

On rejoint son abri, l'éthylique refuge

 

La flasque emplie d'un flot de brûlants souvenirs.

 

 

 

Sans cesse, l'on repense aux tourmentes d'alors,

 

À ce sort implacable à l'affût de sa proie,

 

Qui avait pris le masque angélique et retors

 

D'un aimable inconnu, un traqueur aux abois.

 

 

 

On était dans la joie, on croyait en l'amant.

 

Mais dans les flots ambrés il n'est plus que poussière.

 

Alors, que la nuit reste, en un gémissement.

 

 

 

Pour meubler l'infini de ses heures sur terre,

 

Pour combattre les pleurs, en un dernier sursaut,

 

On se noie dans l'ivresse avant l'ultime assaut.

 

 


19/08/2014
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L'Absent

L'Absent

 

 

 

         Je suis déçue, j'avais tant souhaité que l'on se vît aujourd'hui ; mon désir de toi était si fort, et il l'est toujours car je rêve de te parler, de te toucher – surtout de te toucher. Tu m'attires, c'est irrationnel mais c'est ainsi ; rien ne m'avait laissé pressentir ce sentiment de fusion, et voici que mon corps s'enroule et se tord quand je pense à toi.

         J'ai envie de sentir ta chaleur contre la mienne, je veux que tu poses tes mains sur moi, je veux que tu me regardes à m'en faire baisser les yeux, je veux que ton corps s'unisse au mien, je veux que tu te couches sur moi, je veux sentir ton poids, je veux voir tes mains sur ma peau, je veux voir tes caresses avant même que tu ne me touches.

         Mais je suis déçue, je ne t'ai pas vu, et je m'enfonce dans la nuit, je m'enfonce dans un lit mou, comme le tien l'est peut-être – je ne sais pas.

         Comment saurais-je.

         Je m'enfonce dans ce lit mou et froid dont les draps raides trahissent ton absence.

         Pourquoi ne te vois-je pas ? Parce que tu sembles avoir décidé que nulle rencontre n'aura jamais lieu. Et je suis démunie, je n'ai nul moyen de te contraindre, je suis soumise à ta volonté. C'est toi qui décides.

         Tu décides de tout. Tu gouvernes mon écran.

         Nous faisons ce que tu aimes, et puis c'est tout.

         Et je reste seule, avec mon envie de te parler.

         Et je reste avec mon envie de te voir, de te toucher, de sentir ton corps contre le mien.

         Et je reste assise en face de cet écran, devant cette lueur tremblotante, dans l'espérance d'un éclair – ton nom jaillirait, tu serais là.

         Mais tu es absent.

         Pendant ce temps ondule dans la pièce une musique éthérée qui s'étire jusqu'aux confins de la terre et des cieux.

         Pendant ce temps, je suis l'esclave de mon attente.

         Et les heures passent, sèches, vides de ta présence que je devine être si chaude.

         Je veux que tu murmures ton désir dans mon oreille, encore.

         Et je veux te toucher.

         Et je veux que tu me touches.

         Et je veux sentir mon corps brisé par tes assauts.

 

 


02/02/2014
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Radio

Radio

 

 

 

         Un matin, tôt. Seuls quelques rais d'une lueur sélénite filtrent à travers les lames du volet et jouent avec le faisceau d'une lampe qui projette, telles des fantômes dans l'hésitation, des fugacités vacillantes sur les murs.

         Pénombre, silence.

         La radio bourdonne, et, dans le bureau de la quiétude, l'esprit est en éveil.

         On sait que le jour se lèvera mais, pour l'instant, on lui refuse tout accès – car on veut prolonger l'attente, cette parenthèse enchantée, cette intensité de l'espoir.

         On a tant désiré la venue de ce moment si précieux.

         Ici et maintenant, on est bien, on écoute, on écrit, on écrit en écoutant la voix de l'homme, car la voix chaude de l'homme porte, transporte, ouvre sur un univers de plaisirs, on écoute l'homme qui parle, encore, encore, et on se sent bien, car on l'entend enfin.

         Enfin.

        


09/01/2014
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A la nuit

À la nuit

 

 

 

Ton odeur dans mes mains

Tout ton parfum de mâle

Sur ma peau, sur mes reins,

Tu viens, tu me fais mal

 

Je ne suis que blessure

Et j'ondule et je coule

Sur notre lit j'endure

Sur nos draps je me roule

 

Toi, lourd de tout ton poids

Je t'ai tant désiré

Viens, couche-toi sur moi

Toi qui m'as attirée

 

Fais-moi baisser les yeux

Je te sens, frémissant

Tes mains dans mes cheveux

Tu es là, languissant

 

Dis-moi que tu feras

De moi ta dominée

Dis que tu combleras

Ce corps réanimé

 

Toi, lourd de tout ton poids,

Vas-y, fais-moi gémir,

En un très long émoi,

En un très long soupir

 

Je veux te ressentir

Je veux que tu me touches

À m'en faire frémir,

Que tu mordes ma bouche

 

Ton parfum, je le sens,

Dans mes mains, sur mon corps

Il est là, bien présent,

Viens en moi, viens encore


12/11/2013
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