Site de Françoise Nore

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Indicatif ou subjonctif ?

Ce problème affecte surtout les propositions complétives, c'est-à-dire les propositions qui ont le rôle de COD du verbe de la proposition principale, mais non uniquement.

 

 

Place du subjonctif

 

Normalement, le subjonctif n'est jamais utilisé dans une proposition principale, sauf dans les deux cas suivants :

 

L'impératif

 

Les troisièmes personnes singulier et pluriel de l'impératif sont au subjonctif :

 

          Qu'il aille à cette soirée, s'il y tient !

          Qu'ils aillent à cette soirée, s'ils y tiennent !

 

Le subjonctif est également utilisé pour l'impératif des verbes être, avoir et savoir :

 

          Sois bon, aie du courage et sache faire ton devoir !

 

C'est également le cas de vouloir, mais, pour ce verbe, les formes des première et deuxième personnes du pluriel, veuillons et veuillez, sont différentes de celles de l'indicatif et du subjonctif.

 

Savoir

 

Savoir est utilisé au subjonctif dans une proposition principale dans le cadre de la tournure suivante :

 

          Je sache que Léo est encore en retard.

          Je ne sache pas que Léo soit à l'heure.

 

 

Les propositions complétives

 

Propositions complétives toujours à l'indicatif

 

Les verbes et locutions verbales suivants introduisent des complétives qui sont toujours à l'indicatif, que la proposition principale soit à la forme affirmative ou à la forme négative :

 

          concéder

          décréter

          expliquer

          on dirait que

          reconnaître

          savoir

          sentir

 

Il existe toutefois une incertitude sur la locution on dirait que, pour laquelle le subjonctif à la suite d'une proposition principale négative semble possible :

 

          On ne dirait pas que Léo est / soit venu

 

Propositions complétives à l'indicatif ou au subjonctif

 

Les verbes dont la liste est donnée ci-après se caractérisent par la règle générale suivante :

 

– s'ils sont à l'affirmatif, le verbe de la complétive est à l'indicatif :

 

          Je suis sûr qu'il est

 

– s'ils sont au négatif, le verbe de la complétive est au subjonctif :

 

          Je ne suis pas sûr qu'il soit

 

Voici un classement sémantique de ces verbes :

 

 

opinion

 

avoir l'impression

considérer

croire

espérer

estimer

juger

penser

s'indigner

supposer

trouver

 

 

 

véracité d'un fait

 

affirmer

apprendre

assurer

certifier

être certain

être exact (impers.)

être sûr

être vrai (impers.)

imaginer

savoir

 

 

 

constatation

 

constater

découvrir

être clair (impers.)

être évident (impers.)

montrer

observer

reconnaître

remarquer

s'apercevoir

se rendre compte

s'ensuivre (impers.)

voir

 

déclaration

 

affirmer

annoncer

déclarer

dire ("affirmer")

écrire

expliquer

indiquer

paraître (impers.)

prétendre

raconter

répéter

répondre

se flatter

 

Remarque 1

 

Les verbes de constatation et de déclaration au négatif peuvent être suivis d'une complétive à l'indicatif et non au subjonctif, si celui qui parle désire insister particulièrement sur une modalité. Soit la phrase suivante :

 

          La radio annonce que le métro est en grève

 

On peut avoir deux formes avec la proposition principale au négatif :

 

          La radio n'annonce pas que le métro est en grève : indicatif

          (la radio ne l'annonce pas, mais je sais que le métro est en grève)

 

          La radio n'annonce pas que le métro soit en grève : subjonctif

          (la radio n'en parle pas, et j'ignore si le métro est vraiment en grève ou non)

 

Remarque 2

 

Il existe un cas particulier, celui de l'expression aller faire quelque chose. Ici, le choix entre indicatif et subjonctif n'est pas dû à une modalité, mais au sémantisme de l'expression :

 

– si le verbe aller conserve son sens de déplacement, aller faire quelque chose suit la règle générale :

 

          Je pense que Léo va faire les courses : indicatif

          Je ne pense pas que Léo aille faire les courses : subjonctif

 

– si le verbe aller n'a pas son sens de déplacement, l'expression reste inchangée :

 

          Je pense que Léo va écrire un nouvel article : indicatif

          Je ne pense pas que Léo va écrire un nouvel article : indicatif

 

Propositions complétives toujours au subjonctif

 

Tous les verbes et locutions verbales suivants, qu'ils soient à l’affirmatif ou au négatif, sont toujours suivis d'une complétive au subjonctif :

 

désir d'agir

 

accepter

avoir besoin

avoir envie

conseiller

défendre

désirer

dire "ordonner"

être indispensable (impers.)

être nécessaire (impers.)

exiger

faire en sorte

falloir (impers.)

interdire

mieux valoir (impers.)

permettre

préférer

préférer

proposer

refuser

souhaiter

suggérer

vouloir

sentiment

 

ça (m') ennuie

ça (me) surprend

être content, satisfait, indigné, etc.

être dommage (impers.)

être normal (impers.)

être normal (impers.)

être triste

regretter

se réjouir

 

 

doute ou possibilité

 

arriver (impers.)

douter

être possible (impers.)

être probable (impers.)

s'expliquer mal

crainte

 

appréhender

avoir peur

craindre

redouter

 

 

état

 

attendre

 

 

Quelques cas délicats

 

Il existe quelques verbes et locutions verbales pour lesquels il est difficile de trancher.

 

Sembler et sembler que (impersonnels)

 

Pour sembler que, l'indicatif ou le subjonctif paraissent être possibles en phrase affirmative, tandis que seul le subjonctif semble convenir en phrase négative :

 

          Il semble que Léo est / soit venu

          Il ne semble pas que Léo soit venu

 

Curieusement, en ce qui concerne me (te …) sembler que, la règle exigeant l'indicatif après proposition affirmative et le subjonctif après proposition négative paraît être respectée :

 

          Il me semble que Léo est venu

          Il ne me semble pas que Léo soit venu

 

Admettre "reconnaître, concéder" et admettre "accepter, tolérer"

 

Le cas d'admettre est étonnant ; en effet, selon le sens de ce verbe, la distribution entre indicatif et subjonctif est différente :

 

– lorsque admettre signifie "reconnaître, concéder", l'indicatif semble être systématiquement obligatoire :

 

          Léo admet que ses étudiants font du bon travail

          Léo n'admet pas que ses étudiants font du bon travail

 

– lorsque admettre signifie "accepter, tolérer", le subjonctif s'impose dans tous les cas :

 

          Léo admet que ses étudiants fassent des plaisanteries en cours

          Léo n'admet pas que ses étudiants fassent des plaisanteries en cours

 

 

Locutions et subjonctif

 

Les locutions suivantes introduisent des propositions subordonnées qui sont toujours au subjonctif :

 

à condition que

à moins que

à supposer que

afin que

au lieu que

avant que

bien que

d'aussi loin que

de crainte que

de façon que

de manière que

de peur que

du plus loin que

en admettant que

en attendant que

en sorte que

encore que

jusqu'à ce que

malgré que + avoir

moyennant que

peu s'en est fallu que

pour autant que

pour peu que

pour que

pourvu que

quel que

quelque... que

qui que

quoi que

quoique

sans que

si bien que

si peu que

si tant est que

soit que... soit que …

supposé que

trop... pour que

 

 

Les propositions relatives

 

On peut rencontrer le subjonctif dans une proposition relative ; c'est le sens qui indique s'il faut ou non utiliser le subjonctif :

 

          Nous avons des amis qui sont très sympathiques

          Fait réel : indicatif

 

          Nous cherchons une femme de ménage qui fasse du bon travail

          Fait non encore réel ou non encore réalisé : subjonctif



26/10/2014
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