Françoise NORE

Les emprunts lexicaux


Quand les mots voyagent

Dans plusieurs articles ultérieurs, nous proposerons l'examen d'emprunts faits par le français à des langues étrangères, notamment à l'anglais. Mais avant cela, il convient de présenter tout d'abord les différents aspects que ce phénomène de l'emprunt lexical revêt :

 

– les emprunts sémantiques : un mot français se voit attribuer le sens d'un mot étranger qui offre avec lui une ressemblance formelle, comme  l'adverbe français définitivement et son homologue anglais definitely. C'est ainsi que l'adverbe français est aujourd'hui utilisé avec le sens anglais de "tout à fait, assurément", ce qui est abusif et faux ;

 

les calques : ce sont des traductions terme à terme, comme les mots et expressions suivants :

 

   honeymoon > lune de miel

   cold war > guerre froide

   this is not my cup of tea > ce n'est pas ma tasse de thé

 

   Parfois, la traduction peut être si mauvaise qu'elle aboutit à une hérésie, ce qui est le cas du fautif droits humains, à l'imitation de l'anglais human rights, alors que la forme correcte est bien entendu droits de l'homme ;

 

– les xénismes : il s'agit de l'emprunt concomitant d'un nom et de l'objet ou du concept qu'il nomme, objet ou concept jusqu'alors inconnus en France et en français :

 

   toundra, samovar, favella, etc.

 

– les emprunts abusifs : la chose ou le concept nommés par la langue étrangère possèdent déjà un mot français, mais c'est le mot étranger qui tend à supplanter le mot français :

 

    management "gestion"

    coach "entraîneur"

    dance floor "piste de danse", etc.

 

Est-il besoin de préciser que ces emprunts abusifs sont très majoritairement, sinon exclusivement, des emprunts à l'anglais ? Et c'est cette dernière catégorie qui fait polémique, car rien ne légitime l'utilisation d'un mot anglais lorsqu'un mot français lui est préexistant. Phénomène de mode, snobisme, volonté de se démarquer de la majorité parlante … Tout cela sera examiné dans les articles à venir.


23/11/2014
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